Les organismes de formation habilités EvRP à La Réunion
À La Réunion, deux organismes de formation disposent d’une habilitation INRS pour les dispositifs encadrant l’évaluation des risques professionnels (EvRP), destinés aux salariés désignés compétents : FOCALYS et FP2S RUN.
Ces habilitations s’inscrivent dans le dispositif national porté par l’Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS pour accompagner les entreprises dans l’évaluation des risques professionnels et, avec le nouveau référentiel EvRP/AAT, dans l’analyse des accidents du travail.
Les deux organismes réunionnais interviennent actuellement sous des référentiels différents, dans le cadre de la transition entre l’ancien dispositif EvRP/SDC et le nouveau dispositif EvRP/AAT.
Deux organismes habilités à La Réunion
FOCALYS
FOCALYS est habilité sous le dispositif EvRP/AAT depuis août 2026.
À ce titre, l’organisme est autorisé à délivrer :
- les certificats EvRP/SDC* ;
- les certificats EvRP/AAT.
FOCALYS
10 impasse Pensée d’Eau
97460 Saint-Paul
Téléphone : 02 62 01 84 23
Courriel : contact@focalys.re
Site internet : https://www.focalys.re/
FP2S RUN
FP2S RUN est habilité sous le dispositif EvRP/SDCP, correspondant à l’ancien référentiel.
À ce titre, l’organisme peut uniquement délivrer :
- les certificats EvRP/SDC*.
Il n’est pas habilité, à ce jour, à délivrer les certificats EvRP/AAT.
FP2S RUN – Philippe Vantomme
2 rue Jacques Lougnon
97419 La Possession
Téléphone : 06 92 65 87 64
Courriel : fp2srun@gmail.com
Site internet : https://www.fp2srun.fr/
* Les certificats EvRP/SDC restent délivrables jusqu’à l’échéance des habilitations respectives des organismes de formation concernés.
Pour vérifier l’habilitation d’un organisme de formation et consulter la liste officielle mise à jour par l’INRS et l’Assurance Maladie – Risques professionnels :
Le salarié désigné compétent, un acteur interne de la prévention
La prévention des risques professionnels ne repose pas uniquement sur le respect d’obligations réglementaires. Elle suppose également que l’entreprise dispose, en interne, de personnes capables de contribuer à l’identification des risques, à l’analyse des situations de travail et à la mise en œuvre d’actions de prévention.
C’est notamment le rôle du salarié désigné compétent en prévention des risques professionnels, couramment appelé SDC ou, à La Réunion, SDCP.
Sa mission s’inscrit dans une démarche plus large de prévention. Il contribue à aider l’entreprise à structurer sa démarche à partir des situations de travail réelles, en lien avec la direction, les salariés et les autres acteurs de la santé et de la sécurité au travail.
Le salarié désigné compétent n’a donc pas vocation à porter seul la prévention. Son action suppose qu’il puisse s’appuyer sur une organisation, des moyens et un engagement de l’entreprise permettant de faire vivre la démarche de prévention dans la durée.
Une mission prévue par le Code du travail
L’article L. 4644-1 du Code du travail prévoit que l’employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels dans l’entreprise.
Les salariés ainsi désignés bénéficient d’une formation en matière de santé au travail dans les conditions prévues aux articles L. 2315-16 à L. 2315-18 du Code du travail.
L’article L. 2315-18 prévoit notamment une durée minimale de cinq jours pour la formation initiale en santé, sécurité et conditions de travail des membres de la délégation du personnel du CSE.
Cette durée concerne la formation des membres du CSE. Les dispositifs EvRP/SDC, EvRP/SDCP et EvRP/AAT présentés ici relèvent, quant à eux, du dispositif national de formation porté par l’Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS pour accompagner les entreprises dans leur démarche d’évaluation des risques professionnels et, pour le nouveau référentiel, dans l’analyse des accidents du travail.
L’obligation de désigner un salarié compétent existe depuis 2012. Le dispositif national de formation destiné à accompagner les entreprises et les salariés désignés compétents évolue aujourd’hui avec le passage progressif de l’ancien référentiel vers le dispositif EvRP/AAT.
Du dispositif EvRP/SDC au dispositif EvRP/AAT
Créé en 2015, le dispositif national consacré à l’évaluation des risques professionnels et au salarié désigné compétent évolue progressivement vers le dispositif EvRP/AAT.
Cette évolution ne signifie pas la disparition immédiate de l’ancien référentiel. Une période transitoire existe : les organismes disposant encore d’une habilitation relevant de l’ancien dispositif peuvent continuer à délivrer les certificats EvRP/SDC jusqu’à l’échéance de leur habilitation.
C’est notamment la situation de FP2S RUN à La Réunion, tandis que FOCALYS est habilité sous le nouveau dispositif EvRP/AAT depuis août 2026.
Le nouveau dispositif reste porté conjointement par l’Assurance Maladie – Risques professionnels et l’INRS.
Son objectif est de renforcer la capacité des entreprises à agir sur les risques professionnels, à la fois en amont, par leur évaluation et la mise en place d’actions de prévention, et après la survenue d’un accident du travail, par l’analyse de ses causes.
Cette évolution élargit ainsi le champ des compétences développées dans le cadre du dispositif national de formation.
Une formation structurée en deux temps : le dirigeant, puis le référent
Le nouveau dispositif EvRP/AAT repose sur une organisation de la formation qui associe directement la direction de l’entreprise et la personne chargée de contribuer à la démarche de prévention.
Deux étapes structurent le parcours :
- Une journée de formation du dirigeant, soit 7 heures, constitue un prérequis avant la formation du référent. Cette étape vise à inscrire la prévention dans un engagement de la direction et à créer les conditions permettant au référent d’exercer effectivement sa mission ;
quatre jours de formation sont ensuite consacrés au référent, qu’il soit salarié désigné compétent, préventeur, responsable QSE/HSE ou qu’il exerce une fonction comparable dans l’entreprise. - Le parcours représente ainsi cinq jours de formation au total, répartis entre le dirigeant et le référent.
Cette organisation traduit un principe essentiel de prévention : la démarche ne peut pas reposer uniquement sur la personne désignée pour l’animer.
La capacité du référent à agir dépend également des moyens mis à sa disposition, de la reconnaissance de son rôle, de son accès aux situations de travail et de l’implication de la direction.
Des compétences directement mobilisables dans l’entreprise
La formation vise à permettre au référent de contribuer concrètement à la démarche de prévention de l’entreprise.
Il acquiert notamment la capacité à :
- situer son rôle et ses missions au sein de l’entreprise ;
- identifier les différents acteurs de la prévention et comprendre leurs complémentarités ;
- repérer les dangers et les situations de travail susceptibles d’exposer les salariés ;
- participer à l’évaluation des risques professionnels ;
- contribuer à l’élaboration et à la mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
- proposer des mesures de prévention adaptées aux situations de travail ;
- contribuer au suivi des actions engagées ;
- participer à la structuration de la démarche de prévention de l’entreprise ;
- analyser les accidents du travail afin d’en rechercher les causes et de contribuer à prévenir leur répétition.
L’objectif est de donner au référent les moyens de participer effectivement à la prévention, au plus près des situations de travail et en lien avec les autres acteurs de l’entreprise.
De l’évaluation des risques à l’analyse des accidents du travail
L’une des principales évolutions du nouveau référentiel réside dans l’intégration de l’analyse des accidents du travail, AAT, aux côtés de l’évaluation des risques professionnels, EvRP.
L’ancien dispositif était centré sur l’évaluation des risques professionnels et le rôle du salarié désigné compétent. Le dispositif EvRP/AAT associe désormais l’évaluation des risques professionnels et l’analyse des accidents du travail.
Il ne s’agit donc plus seulement d’identifier les dangers, d’évaluer les risques et de contribuer à la construction du DUERP. Le dispositif vise également à développer la capacité de l’entreprise à analyser les accidents survenus afin d’en comprendre les causes et de mettre en place des mesures permettant de prévenir leur répétition.
L’analyse d’un accident du travail ne consiste pas uniquement à rechercher une erreur individuelle ou un comportement à l’origine de l’événement. Elle vise à examiner les différentes circonstances ayant contribué à sa survenue : organisation du travail, équipements, environnement, procédures, contraintes, coordination, information ou encore conditions de réalisation de l’activité.
L’intégration de l’AAT au dispositif national renforce ainsi le lien entre prévention des risques professionnels et analyse des situations de travail réelles.
Faire du salarié désigné compétent un véritable acteur de la prévention
La désignation d’un salarié compétent ne doit pas être considérée comme une simple formalité réglementaire.
Pour être efficace, cette fonction doit être comprise et reconnue au sein de l’entreprise, à commencer par sa direction. Le salarié désigné compétent doit pouvoir disposer des conditions nécessaires pour exercer sa mission et contribuer effectivement à la démarche de prévention.
Son action doit également être articulée avec celle des autres acteurs : direction, encadrement, salariés, CSE lorsqu’il existe, service de prévention et de santé au travail et, lorsque cela est nécessaire, intervenants spécialisés.
Le salarié désigné compétent n’a pas vocation à porter seul la prévention dans l’entreprise. Il contribue à la structurer, à alimenter l’évaluation des risques, à faire progresser les actions engagées et à favoriser leur suivi.
Avec le dispositif EvRP/AAT, cette démarche intègre désormais plus explicitement la capacité à tirer les enseignements des accidents du travail afin d’agir sur leurs causes et de prévenir leur répétition.
Pour les entreprises réunionnaises, le recours à des organismes habilités dans le cadre du dispositif national permet ainsi d’inscrire la formation du référent dans une démarche structurée, qui associe désormais dès le départ la direction et la personne appelée à contribuer concrètement à la prévention au sein de l’entreprise.
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